Illustrer le thème choisi par Nio Ko Bokk & présenter les œuvres d’un jeune artiste sénégalais dans le cadre de la Biennale off des Arts contemporains africains de Dakar.

Date : 5 mai – 5 juin 2000.

Réalisation : Sélection des œuvres

Scénographie

Installation technique

Rédaction du texte d’accompagnement :

« Si Birame Ndiaye avait, dans un souci de classification, à être affilié à cette « école rebelle« , il le serait par un choix délibéré de donner à voir la figure de l’opprimé ou du laissé pour compte, en amenant à réfléchir sur les causes et conséquences de leur état et de leurs maux. De ce fait, la peinture de Birame se lit comme un livre d’histoires. Avec comme il se doit, le titre en premier, même si celui-ci ne naît qu’à la fin du travail plastique. Il le résume et lui ajoute une dimension littéraire. Ainsi, son expression : « Banc-lieu » traduit : « la statique qui rend si singuliers les banlieusards » (Birame, in Le Matin du 27 mai 1999). Précédant « Murs mûrs » et « Attitude » qui constituent les deux autres séries réalisées de 1998 à aujourd’hui, « Banc-lieu » évoque les murs quotidiens de Pikine, banlieue, vus de Dakar, capitale.

Toile de fond rouge pour : « Le front social en ébullition« , gris jaune pour « Nouvelles des bas fonds, expression libre« , la couleur du mur donne le ton à l’histoire. Émergent de ces masses colorées comme dégrossies à coup de courtes et noire lignes brisées des faciès humains. Sans âge, anonymes, signifiés par les ronds des têtes, bouches, yeux, nez et oreilles, comme le masque africain, ils en adoptent le principe d’asymétrie afin de suggérer le sentiment à donner à l’histoire. « Lu makk am » (ce que le Grand sait) entendu puis écrit, « Ceux que rien n’arrêtent ici« , des mots lus, arrachés et collés, toutes ces participations à la reconnaissance et à la réflexion, qui sont à lire de manière circulaire, en éclairant le sens.

Mais le géniteur fou, édenté, louchant vers le ciel, à la recherche d’un underground sensé, lié aux « Nouvelles des bas fonds« , est-il enfermé mentalement par ce trou de serrure noir dans une des cellules de la Maison des esclaves à Gorée, ou s’en est-il échappé le cœur battant ? La bouche bleue en haut à droite de « Le front social en ébullition« , est elle subséquente à celle fermée de sa voisine ? Exprime t’elle les voix de « ceux que rien n’arrêtent ici » (Birame, entretien, février 2000)? Serait elle nourrie par ce bout de ciel bleu coincé dans l’angle opposé, à lire comme une lueur d’espoir ? »

 

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